Chers amis,

Depuis le 15 mars, nous ne pouvons plus vivre en Eglise comme nous avions l’habitude de la faire. Nous sommes obligés, pour nous protéger et protéger nos frères et nos sœurs en humanité du virus qui envahit notre terre, de rester en confinement chez nous. Mais nous pouvons encore vivre en Eglise car, malgré la distance, nous sommes toujours unis les uns aux autres par l’Esprit de notre Dieu.

Nous pouvons lire la Parole de notre Seigneur et nous pouvons le prier ensemble. C’est pourquoi, je vous propose que nous nous retrouvions, chaque midi, là où nous sommes, pour lire un texte biblique et prier le Notre Père.

Profitons aussi de ces instants pour nous appeler au téléphone, de garder le contact, pour ceux qui en ont les moyens, par les réseaux sociaux et tous les outils virtuels que nous pouvons posséder aujourd’hui. Pensons à tous les soignants : médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels d’entretien de tous les hôpitaux, des maisons de retraite et des soins à domicile.

Pensons à toutes les familles dans le deuil ou dans la maladie. Soyons solidaires les uns des autres car nous sommes membres d’un même corps et que l’apôtre Paul nous rappelle que « lorsqu’un membre souffre, c’est tout le corps qui souffre ». Ensemble, nous traverserons cette crise sanitaire pour parvenir à la vie nouvelle que notre Seigneur nous offre.

 

Je vous embrasse par le Christ et avec le Christ

Votre pasteur, Jean-Frédéric Patrzynski

PREDICATION DU 31 MAI 2020

JEAN 20/19-23

 

 

En ce dimanche, nous vivons la fête de Pentecôte. Une fête particulièrement importante dans la vie d’une communauté car, ce jour-là, il y a plus de monde parce que c’est le moment de la confirmation de jeunes qui décident de s’engager devant la communauté et devant Dieu à vivre selon l’Evangile.

Nino et Clarisse devaient vivre ce moment important de leur vie. Mais voici que le confinement et le dé confinement ne nous permettent pas de vivre physiquement ce temps.

 

Cependant en cette fête de Pentecôte, nous pouvons être tendus vers l’action de grâce à rendre à notre Dieu.

Notre première action est de dire merci. Merci au Seigneur pour tout ce qu’il nous donne à vivre. Merci pour ce que le Seigneur nous offre au travers de chaque baptisé, de chacun d’entre nous. Merci pour tous ceux qui ont œuvré pendant cette période si étrange pour que nous puissions malgré tout vivre : les personnels des magasins de nourriture, les livreurs, les médecins, les infirmiers, les aides-soignants, les personnels d’entretien des hôpitaux…

 

Je veux particulièrement dire merci à notre Dieu pour tout ce qu’il m’a donné au travers de chacun de vous. Merci pour ce que chacun a pu m’apporter et qui m’a permis d’évoluer et d’avancer sur les chemins choisis par notre Seigneur. Chacun peut découvrir combien il est possible d’être transformé à cause de la rencontre de l’autre. Chacun, selon ses capacités, selon ses propres réflexions, a pu être conduit à changer. Vous avez, tout comme moi, découvert combien Dieu pouvait vous, nous, transformer individuellement et communautairement. Chacun de nous est bien différent de l’autre et pourtant, en ce temps, Dieu nous réunit pour ne faire qu’un : un entre nous, un avec la communauté qui nous entoure. Différents, nous le sommes et pourtant unis par la volonté de notre Seigneur. Et c’est à nous que Dieu, au travers de son Fils ressuscité, nous déclare :

 

« La paix soit avec vous ».

 

En pensant à chacun d’entre vous, en attendant de pouvoir vous regarder à nouveau, j’ai mon imagination qui vagabonde et qui me fait voir les disciples. Oui, les disciples qui pouvaient être aussi différents les uns des autres que nous pouvons l’être nous-mêmes. Il y a les paisibles qui ne parlent pas beaucoup mais qui avancent. Il y a les angoissés qui ont des difficultés à avoir confiance en eux, aux autres et qui ont peur du lendemain. Il y a ceux qui veulent faire bouger les choses et qui trouvent que cela ne va pas assez vite. Il y a les révoltés qui sont rarement contents. Il y a ceux qui ne disent rien mais qui n’en pensent pas moins.

Oui, mes amis, dans la Chambre haute, alors qu’ils avaient peur, alors qu’ils n’étaient plus très sûrs de rien, le danger de la division pouvait apparaître. Car il y avait ceux qui voulaient attendre quelque chose sans trop savoir quoi et il y avait ceux qui voulaient faire bouger les choses mais sans trop savoir, non plus, dans quel but. Des paroles étaient prononcées et des silences pouvaient devenir lourds. C’est alors que le Christ est apparu et qu’il leur a dit :

 

« La paix soit avec vous ».

 

Et c’est là que tout commence ! Car le plus important, n’est-ce pas cela ? Que cette paix nous soit donnée pour nous unir. Que cette paix nous soit offerte par notre Seigneur pour nous conduire ensemble sur les chemins du monde afin d’y apporter la lumière de l’Evangile. Car cette paix n’est que le premier acte qui en suscitera d’autres et, en particulier, l’envoi dans le monde.

 

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

 

Et les inquiets peuvent devenir sereins ; et les coléreux peuvent devenir paisibles et ceux qui ne disaient rien peuvent se mettre à parler.

Oui, tout commence ! Pensons, puisque nous ne pouvons pas nous voir, à chacun de nous et prenons conscience qu’un temps nouveau vient de débuter. Ensemble, il nous est donné de déclarer qu’il est possible d’aimer malgré nos différences, de partager, de vivre avec l’autre, par l’autre et pour l’autre.

En ce jour de Pentecôte, notre Seigneur nous donne de comprendre également qu’il n’est pas nécessaire de tout savoir avec l’aide de la raison et de l’intellect. Il nous fait discerner la simplicité de la foi dans laquelle il nous conduit. Il nous fait alors découvrir notre liberté qui nous permettra d’accomplir de grandes choses aussi simples soient-elles, comme ne pas juger les autres avec des a priori, partager ses biens, ses talents, écouter l’autre et être attentif, pardonner, participer à la vie communautaire qu’elle soit civile ou religieuse.

 

« La paix soit avec vous ».

 

Et Jésus le Christ, le Seigneur de l’Eglise nous libère des a priori, des jugements, des craintes et des angoisses, comme il a libéré ses disciples qui sortent alors pour témoigner. Dieu nous libère pour que nous bâtissions, avec son aide, un monde meilleur. Mais n’oublions pas : il ne peut y avoir de vraie liberté sans amour, sans confiance et sans responsabilité.

 

Aujourd’hui, Dieu, en nous donnant sa paix, nous faits libres et responsables de notre communauté et de chacun qui la constitue. Je suis responsable de vous. Vous êtes responsables de moi. Si nous pouvons vivre cela, c’est parce que le Seigneur, lui-même, a foi en chacun de nous et en nous tous unis dans son amour et dans sa paix.

 

Il nous donne sa paix parce qu’il nous aime. Il nous donne sa paix parce qu’il croit en nous, parce qu’il est persuadé que nous pourrons être, que nous sommes déjà, ses témoins au cœur même du monde.

Comme le Père a envoyé son Fils, le Christ, notre Sauveur, nous envoie pour annoncer aux hommes leur liberté,  leur responsabilité et la paix qu’il leur offre.

 

Que la paix soit avec chacun de vous !

Que la paix soit avec toi, dans ton cœur, dans ton âme, dans ton esprit, communauté de la paroisse luthérienne de Bon Secours de l’Eglise Protestante Unie de France.

Va, chacun, chacune, allons car Dieu nous envoie pour porter sa Bonne Nouvelle : Il nous aime. Il nous libère !

 

Allons ensemble porter cette parole de liberté, de paix et d’amour !

 

Amen !

DIMANCHE 24 MAI 2020

JEAN 17/1-11

 

 

Voilà, c’est fait ! Ce qui devait arriver, est arrivé ! Le Christ est parvenu au bout de sa mission. Il est venu dans le monde ; il a prêché la Parole de son Père ; il a partagé son amour avec tous ceux vers qui il avait été envoyé. Il s’est donné totalement ; il a offert son corps et son sang à tous les hommes, enfants de son Père, ses frères. Il a porté le péché de tous afin que ce péché soit vaincu et que ses frères et ses sœurs ne soient plus séparés de son Père. Il est parti ; il a rejoint son Père dans la gloire ; il s’est assis à côté de lui.

 

« Désormais, je ne suis plus dans le monde… gardes-les en ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un ».

 

Oui, notre Seigneur a quitté ce monde. Il a laissé son testament signé par son propre sang. Tout a été accompli afin que ses disciples puissent enseigner à leur tour l’enseignement qu’il leur a donné.

 

Mais si lui quitte ce monde, il ne nous demande pas de faire de même. Il quitte ce monde en sachant que nous restons dans ce monde. Souvenons-nous des paroles qu’il nous a laissées à l’instant où il montait vers on Père. « Allez, faites de toutes les nations des disciples. Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre ».

 

C’est simple ! C’est direct ! C’est clair !

 

Il n’est pas question pour nous de nous retirer du monde. Nous restons dans ce monde, pendant que notre Seigneur rejoint son Père, pour y être présents. Notre Dieu ne nous appelle donc pas à nous retirer du monde mais a, au contraire, à porter au cœur même de ce monde sa Parole et sa présence. En d’autres termes, il nous appelle à incarner notre foi, comme lui-même s’est incarné pour vivre notre vie. Notre foi ne nous conduit pas à regarder vers le ciel pour y vivre mais à regarder cette terre pour y être témoins d’une vie nouvelle. Notre foi ne nous conduit pas à séparer notre pensée, notre parole et notre action de ce monde dans lequel nous restons. Il n’y a pas d’un côté le spirituel et de l’autre le temporel dont nous n’aurions pas à nous préoccuper, comme le souhaitait, il y a quelques années le ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, ennuyé par la Parole de l’Eglise au sujet d’une loi qui ne respectait pas la dignité de l’étranger dans notre pays.

 

C’est dans ce monde, au cœur même de ce monde, que nous avons à témoigner de l’amour de Dieu. C’est au cœur même des difficultés, des désespoirs, des souffrances et des peurs de l’humanité que nous avons à porter une parole d’espérance, de confiance et de paix.

 

Une communauté chrétienne, une Eglise, qui ne vivrait pas sa foi au milieu du monde, dans les ténèbres avec l’humanité tout entière, serait une communauté qui finirait par mourir. Si cette communauté ne porte pas témoignage dans le monde, elle ne peut pas affirmer, confesser sa foi, dire l’amour de Dieu pour tous les hommes. Elle laissera agir alors le diviseur qui veut la haine, la désunion et la discorde. Ainsi en a-t-il été de communautés qui n’ont pas osé une parole pour le respect, la dignité humaine et l’amour des hommes contre des dictatures xénophobes et racistes. Elles ne l’ont pas fait, soit par crainte de représailles, soit par crainte de se diviser parce qu’en son sein, certains approuvaient ces dictatures, soit qu’elles considéraient qu’il s’agissait de problèmes temporels dont elles n’avaient pas à s’occuper. Elles ont laissé ainsi le champ libre au Satan, au porteur de la haine. Mais en agissant ainsi, elles ont montré leur manque de foi en Dieu.

 

Ce Dieu auquel nous croyons, n’est pas resté dans son ciel. Il a décidé de venir au milieu de nous. Il a même fait mieux : il s’est incarné. C’est-à-dire qu’il est venu vivre avec nous notre vie, nos souffrances, nos joies, nos peurs. Par son incarnation, il a montré sa volonté d’être pleinement uni à nous. Il nous a dit qu’il ne devait pas y avoir de séparation entre le ciel et la terre, entre le spirituel et le temporel. Sa foi en l’homme, sa certitude que son enfant est lié à lui, l’a conduit à se faire homme pour montrer qu’il est possible de vivre pleinement en union avec lui et selon ses commandements d’amour et de paix. Jésus, le Fils de Dieu, Dieu lui-même et homme en plénitude, nous a montré le chemin. Par son humanité, il s’est uni à nous pour que nous soyons unis à lui comme lui est un avec le Père.

 

A présent, il a quitté ce monde. Cela signifierait-il que notre unité avec le Christ n’existe plus ? Ne serait-ce pas croire que sa prière n’aura pas été entendue et exaucée par le Père ?

Il a demandé à notre Père de nous garder en son nom afin que nous soyons un comme il est un avec lui. Si donc, nous sommes toujours unis au Christ bien que nous restions dans le monde, c’est que nous sommes porteurs dans le monde de la présence de notre Dieu.

 

« Désormais, je ne suis plus dans le monde, eux restent dans le monde ».

 

Par cette affirmation, il nous est donné de comprendre que la communauté des disciples du Christ que nous constituons, est le Christ lui-même. L’apôtre Paul le dira à la communauté de Corinthe : « vous êtes l’Eglise, le corps du Christ ». Mais alors si nous sommes le corps du Christ, nous sommes appelés à vivre comme le Christ dans ce monde, au cœur de ce monde. Notre communauté a la vocation d’être, dans ce monde, porteuse des paroles du Christ, de son enseignement. Elle a pour vocation d’agir dans ce monde comme le Christ a agi, en témoignant de l’amour de Dieu pour toute l’humanité, en vivant cet amour. La parole du Christ, pendant sa vie terrestre, a été libératrice des règles humaines, des peurs et des haines.

 

Si nous nous réclamons du Christ, cela signifie que nous reconnaissons être unis à lui. Pourrions-nous prononcer des paroles contraires aux siennes ? Pourrions-nous agir contrairement à son action ? Non ! Si je suis à Christ et en Christ, il m’est impossible de prononcer des paroles racistes et xénophobes. Il m’est impossible d’être antisémite car ce serait haïr celui-là même que je reconnais pour être mon Seigneur. Ce serait donc me haïr moi-même puisque lorsque je partage le pain et le vin, corps et sang du Christ, c’est le Christ qui vit en moi comme le déclare l’apôtre Paul. En haïssant le juif, moi qui me dis chrétien, je haïrai le juif, Jésus de Nazareth, pourtant mon Seigneur et mon Dieu. Absurde !...

 

Dans ce monde, nous sommes appelés par notre Dieu à prendre garde de celui qui peu se réclamer du Christ, en prononçant ses propres paroles, mais à des fins toutes autres. N’est-ce pas ainsi que le diable a agi, que cela soit dans le jardin ou dans le désert de la tentation. Lui aussi connaît la Parole de Dieu ; lui aussi la proclame mais c’est dans le but de dominer et d’empêcher l’autre de penser et d’agir par lui-même. C’est l’inverse de ce que fait notre Seigneur. Comme le Christ l’a fait, nous devons dénoncer la méchanceté et l’hypocrisie au risque même d’en mourir.

 

En nous laissant dans le monde, le Christ nous invite à agir comme lui, à parler comme lui, à témoigner comme lui de l’amour de son Père pour tous ses enfants.

 

« Désormais, je ne suis plus dans le monde, eux restent dans le monde ».

C’est là que Dieu nous envoie pour être les porteurs de sa Parole et devenir les artisans de sa paix, les témoins de la pleine et totale unité des enfants de Dieu.

 

Amen !

DIMANCHE 17 mai 2020

Jean 14 / 15-21

Pour peu de temps encore, nous sommes dans le temps de Pâques. Bientôt, Jésus rejoindra son Père. Mais avant de partir, il laisse ses instructions à ses disciples. Jésus sait qu’ils auront l’impression d’être abandonnés. Ils pouvaient tant espérer qu’il resterait avec eux tout au long de leur existence que l’entendre dire qu’il doit s’éloigner d’eux, ne peut que provoquer en eux un sentiment terrible d’abandon. Il sait, Jésus, que nous pourrions nous considérer comme des orphelins. C’est pourquoi, il nous rappelle combien il nous aime. Il nous redit que nous sommes appelés à être ses serviteurs et ceux de son Père afin que sa gloire soit encore et toujours proclamée.

 

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ».

 

Par cette parole, nous pouvons comprendre que son départ est proche. La tristesse envahit certainement le cœur des disciples. L’amour ne souffre pas la séparation. Pourtant l’absence et l’éloignement ne peuvent pas et ne doivent pas être des obstacles pour vivre avec intensité l’amour qui nous unit. Et, peut-être, l’avons-nous vraiment vécu en la période de confinement ? Quand on aime, le monde entier est plein de celui qui nous est cher malgré son absence et la séparation que nous pouvons vivre et subir.

 

Il existe quelque chose qui le fait toujours être proche de nous, quelque chose qui nous permet d’affirmer qu’il est toujours vivant et que nous sommes vivants avec lui. Ce quelque chose a une dimension infinie que rien ne peut détruire ni faire disparaître. Ce quelque chose se nomme l’Amour : l’amour avec un A majuscule ; l’amour qui nous lie les uns aux autres en plénitude ; l’amour qui fait qu’il n’y a aucune séparation entre les uns et les autres.

 

L’apôtre Paul déclare que « rien ne peut nous séparer de l’amour du Seigneur ». Rien parce que le Seigneur est toujours vivant, parce qu’il nous a promis le « Consolateur », le « Paraclet », son Esprit. Par lui, nous pouvons être assurés de sa présence perpétuelle et persévérante à nos côtés. Par lui, nous comprenons que son amour pour nous, ses enfants, malgré nos erreurs, ne se tarit jamais. En envoyant son Esprit, Dieu se donne encore à nous, comme il s’est offert par le corps et le sang de son Fils pour tous les hommes, ses enfants.

 

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ».

 

Le Christ va s’élever vers son Père mais nous ne serons pas abandonnés. L’amour qu’il nous porte et que nous lui portons sera toujours actif. Par l’Esprit qu’il nous promet et que nous recevrons, il nous annonce que nous serons forts, puissants et courageux. Par l’Esprit reçu, nous pouvons parler, agir et accomplir les œuvres que le Christ, lui-même, a faites tout au long de son existence terrestre, et même de plus grandes encore, comme il nous le déclarait déjà. Ensemble, nous accomplirons ces grandes œuvres à cause de son amour pour chacun d’entre nous, à cause de l’amour que nous lui témoignons.

L’amour crée l’action.

L’amour ne produit pas l’illuminisme.

L’amour est une force indestructible au contraire de la haine.

Il est une dynamique qui redresse et met en marche. Il est une force vivifiante qui détruit les peurs et les méfiances.

 

C’est cela qui nous est donné de vivre en communauté et dans notre société. C’est cela que nous pouvons proclamer y compris par notre responsabilité de citoyen. Oui, mes amis, notre Seigneur nous appelle à proclamer avec force et vigueur cet amour, tout particulièrement en ce temps où notre monde vit dans la peur et dans la haine destructrice.

 

L’amour est la vie !

 

Alors que la haine de l’autre ne conduit qu’à la mort, comme nous pouvons le constater dans l’histoire de l’humanité et comme, malheureusement, nous pouvons encore le constater encore aujourd’hui au travers de toutes ces guerres que connaît notre terre et qui n’ont pas disparu avec le coronavirus. Notre Seigneur a déposé devant nous la vie et la mort, l’amour et la haine. Lui-même nous dit : « Choisis la vie ! Choisis l’amour ! ».

 

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ».

 

Les œuvres que notre Seigneur nous appelle à accomplir ne sont, peut-être pas à vue humaine, majestueuses, grandioses ou extraordinaires. Il ne s’agit pas déplacer une montagne ou faire cesser par un claquement des doigts toutes agressions et toutes violences. Il ne s’agit pas de vider un océan de toute son eau ; d’écarter la lune de son orbite ou de déplacer la terre en l’éloignant ou l’approchant du soleil. Il n’est pas question pour nous de devenir des « Superman ». Les grandes œuvres que nous sommes appelés à réaliser par la grâce du Seigneur, c’est garder ses commandements, c’est-à-dire vivre les commandements que nous avons reçus du Christ. Quels sont-ils ?

 

C’est aimer Dieu de toute son âme, de tout son esprit et de tout son cœur. C’est aimer notre prochain comme nous-mêmes.

 

Prenons garde à ne pas oublier que nous ne pourrons accomplir en plénitude ces commandements qu’avec l’aide de notre Seigneur. Nous savons que nous sommes faibles et que nous avons, parfois, quelques difficultés à obéir à la volonté de notre Dieu. Mais le Christ nous offre les moyens et les forces nécessaires afin que nous vivions pleinement dans son amour et par son amour pour nous et pour tous les hommes et toutes les femmes, nos frères et nos sœurs.

 

Par l’Esprit que nous recevons, notre Seigneur devient notre force afin que nous puissions rayonner de son amour auprès de tous les Hommes : qu’ils soient riches ou pauvres, malades ou en bonne santé, démocrates ou dictateurs, jaunes, noirs, blancs ou rouges. Par l’Esprit, il nous envoie sur cette terre pour annoncer cette vérité.

 

Garder alors les commandements du Seigneur, c’est les vivre dans le concret du quotidien de notre existence. Comme le dit la Loi, c’est aimer Dieu et son prochain. Le prochain est celui vers lequel Dieu m’envoie, celui que je reçois. La Loi que Dieu a donnée à Moïse, rappelée par le Christ, le Fils de Dieu nous dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », « tu aimeras l’étranger, l’immigré comme toi-même », tu ne le maltraiteras pas ».

 

Si nous nous réclamons de Dieu et du Christ, il est impossible de proclamer le contraire de leurs commandements. L’apôtre Jean nous le dit autrement encore : « Tu ne peux pas dire j’aime Dieu si tu hais ton prochain ». Tu ne peux pas dire j’aime Dieu si tu fais œuvre de division de l’humanité que Dieu a créée.

 

Aimer le prochain, c’est tout faire pour l’aider, le secourir, le soigner et l’écouter.

Et ceci dans notre monde qui peut paraître si imperméable à la Vérité et à l’Amour.

 

Aimer son prochain, c’est ne plus avoir peur de lui, ne pas susciter, comme le font certains, cette peur qui pousse les hommes à la haine, au mensonge et à la guerre.

Notre présence dans l’église signifie notre foi en Dieu qui aime les hommes, qui les veut unis les uns aux autres et à lui. Si nous sommes là, dans l’église, c’est pour dire au monde que nous ne voulons pas de la haine, que nous croyons en la puissance de l’amour et de la victoire de la vie sur la mort.

 

A présent, Dieu nous envoie dans ce monde pour proclamer cette vérité dans la joie, la fidélité, la sérénité et la certitude qu’il est possible aux hommes de vivre dans le respect, la responsabilité et l’unité, riches de leurs différences parce qu’ils sont tous enfants d’un même Père.

 

Amen !

DIMANCHE 10 mai 2020

Jean 14 / 1-12

 

« Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ».

 

Voilà une parole qui peut paraître bien péremptoire pour celui qui écoute le Christ ! Elle est même assez orgueilleuse. Mais il s’agit de l’orgueil de Jésus à l’égard de ses disciples, certain qu’ils accompliront les actes qu’il fait et, même, de plus grands comme il l’affirme. Il est sûr de leur témoignage et de leur foi. Et c’est la raison pour laquelle l’apôtre Pierre peut dire à la communauté à laquelle il s’adresse : « vous êtes une race élue ». Il proclame, tout simplement, ce qu’il a entendu et ce qu’il a, lui-même, reçu.

 

« Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ».

Pierre a pu se dire : « je crois en lui, donc je ferais ce qu’il fait ». Mes amis, le Christ nous rappelle simplement ce qu’implique la foi en lui. C’est bien sa certitude : celui qui croit en son Père accomplit les mêmes œuvres, les mêmes actions qu’il accomplit lui-même. Celui qui croit en Dieu peut accomplir les mêmes œuvres que, lui-même, a accomplies pendant le temps qu’il a vécu parmi les hommes.

 

« Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ».

 

Le Christ, mes amis, croit en nous et il a de l’orgueil pour nous. Osons remarquer qu’il n’est pas question, ici, de notre propre orgueil. L’homme ne peut pas s’enorgueillir ; le chrétien, c’est-à-dire le disciple du Christ ne peut pas le faire. Son action, son œuvre, ne peut pas lui permettre de croire en sa toute puissance. L’homme, en soi, ne possède aucun pouvoir, aucune autorité qui pourrait lui laisser croire à sa propre gloire. Car il y a bien une condition à l’accomplissement des œuvres de Jésus le Christ : la foi. Ainsi, dans le cas du chrétien, il est simplement conduit à discerner que ce qu’il accomplit vient de Dieu et non de ses propres capacités. Il remet entre les mains du seigneur ses propres actions. Ainsi, les œuvres que nous pouvons accomplir ne proviennent pas de notre propre volonté, de notre propre intelligence ou de notre propre imagination. Les œuvres que nous accomplissons ont été préparées d’avance comme le dit l’apôtre Paul. Elles ont été faites par le Christ. Elles ont pour origine le Christ lui-même. C’est cela que nous discernons par la foi.

 

C’est de la foi que tout provient. C’est de la foi que naissent les œuvres que chacun de nous peut accomplir. En bref, la foi est première et les œuvres secondes. C’est, entre autre, ce qu’expliquait le Réformateur Martin Luther dans son sermon sur « les bonnes œuvres ». Ce n’est pas en accomplissant les œuvres du Christ que l’on devient chrétien, à l’inverse de ce que nous pouvons dire du forgeron. Ce n’est pas parce que je fais les mêmes choses que le Christ ou que je dis ses paroles que je suis chrétien. C’est, peut-être, une autre manière de dire que ce ne sont pas forcément ceux qui se disent chrétiens qui le sont en réalité et en vérité.

 

« Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ».

 

C’est le Christ, lui-même, notre Seigneur, qui affirme que la foi en lui, nous permettra de l’imiter. Vous entendez également qu’il n’est pas dit : celui qui a un peu de foi ou beaucoup de foi. Non ! Jésus dit seulement : « celui qui croit en moi ». C’est simple ! Le Christ n’a pas ajouté un adverbe ou un adjectif pour mesurer la foi de son disciple appelé à accomplir ses œuvres. C’est simple ; c’est net ; c’est précis ! C’est d’ailleurs, à cause de cette simplicité qu’il nous est impossible de réduire le message du Christ, ni même mesurer la foi d’un tel ou d’un tel afin de pouvoir dire : celui-ci a la foi et celui-ci ne l’a pas ; celui-ci accomplit les œuvres du Christ et celui-là, non !

 

Nous n’avons, non plus, à nous défendre en ajoutant quelques bémols aux paroles du Christ pour nous tranquilliser. Nous ne pouvons pas, non plus, nous cacher derrière notre humanité pour redire encore notre faiblesse et notre incapacité à être de bons et fidèles disciples du Christ.

 

Notre Seigneur sait bien notre faiblesse. Il connaît nos difficultés à être pleinement ses serviteurs. Nous n’avons aucun besoin de le lui rappeler, surtout lorsque c’est pour nous défendre d’agir tel qu’il le désire et pour fuir notre responsabilité de chrétiens.

 

« Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais ».

 

N’allons pas à présent nous dire que nous ne sommes pas de bons chrétiens ; que nous ne croyons pas suffisamment pour « suivre les traces » du Christ comme le dit Pierre (1 Pierre 2/19-25). Il se trouve, mes amis, que chaque dimanche matin au moins nous confessons notre foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Nous affirmons, tout au long des jours, je l’espère, notre croyance, notre foi, en Dieu. Cela n’est plus, ou n’est pas, à démontrer. Nous croyons sinon nous ne participerions pas à la vie de l’Eglise ! C’est un fait et un fait certain !

 

Cependant, nous devons oser nous poser la question : accomplissons-nous les œuvres que fait le Christ ? Notre première réaction à cette question serait, honnêtement, de dire : non ! Non, nous n’aimons pas comme lui-même a aimé. Nous ne sommes pas patients comme lui-même a su l’être. Nous ne prions pas le Père aussi souvent que lui, quoique pendant ce temps de confinement nous avons pu vivre cette expérience d’une prière plus régulière. Nous ne guérissons pas des malades et nous sommes loin d’accomplir des miracles… Je m’arrête là car si je continuais, nous sortirions tous de l’Eglise et, très vite, en déclarant : « c’est fichu, c’est raté. Je ne peux pas continuer à venir à l’église ».

 

Voyez-vous, si nous faisions cela, nous commettrions une erreur. Encore une fois – que notre orgueil est grand – nous partons de nous. Alors qu’il nous faut partir du Christ. Bien sûr, notre première affirmation est de nous rappeler que le Christ est le Fils du Père éternel. Première affirmation qui nous conduit vers une seconde : Jésus est Dieu ! Il est Dieu ; nous ne le sommes pas ! Donc, nous ne pouvons pas accomplir les mêmes œuvres que lui. C’est simple et c’est facile !

 

Et nous en profitons pour oublier ce que dit le symbole de foi de Nicée que nous pouvons proclamer : « Il s’est fait homme ! ». Peut-être avons-nous trop tendance à oublier, ou même à occulter, cette petite phrase : « Il s’est fait homme ! ». Elle signifie qu’il est comme chacun de nous ; qu’il est, comme le dit l’épitre aux Hébreux, « semblable à nous en toute chose », excepté le péché, certes ! Mais semblable à nous.

 

Les œuvres qu’il accomplit sont des œuvres humaines. Il est semblable à nous dans notre faiblesse, dans notre difficulté à être disciple du Père. Il est semblable à nous dans l’angoisse qui peut envahir nos esprits. Il est semblable à nous dans sa colère et sa révolte contre Dieu. N’a-t-il pas demandé à son Père de ne pas vivre sa Passion ? N’a-t-il pas crié : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » ?

 

Jésus ne nous demande pas d’accomplir des œuvres surhumaines. Il nous invite simplement à faire ce que tout homme peut faire, comme lui l’a fait : aimer, tendre une main, embrasser, pardonner, soutenir, fortifier, exhorter, reconnaître, secourir sans regarder aux apparences. Il nous invite à oser la foi, la confiance en Dieu, son Père, notre Père et aussi en nous.

 

En affirmant : « Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais », il nous rappelle notre humanité.

 

Notre foi en lui, en son Père et au Saint-Esprit, ne nous fait pas monter au septième ciel mais nous maintient, au contraire, sur la terre, au cœur de l’humanité pour vivre avec cette humanité là où nous vivons, l’amour de Dieu.

 

C’est sur cette terre que notre Seigneur s’est incarné. Ne cherchons pas à nous diviniser, c’est-à-dire à nous séparer des hommes nos frères et nos sœurs. Nous pourrions alors les regarder comme si nous étions supérieurs à eux. Regardons le Christ qui s’est fait le serviteur de tous. Ayons le courage d’entrer dans la mêlée et de demeurer des hommes et des femmes au milieu d’autres hommes et d’autres femmes. C’est ainsi que nous pouvons être une « race élue » qui peut illuminer l’humanité de l’amour de Dieu. C’est ainsi, et c’est au cœur de cette humanité, que nous pouvons accomplir les œuvres du Christ, être ses témoins et devenir des artisans de sa paix dans et pour ce monde.

 

Amen !

DIMANCHE 3 mai 2020

Jean 10/1-10

 

 

« Je suis le bon berger », dit le Christ.

 

Image d’un temps quelque peu révolu. Le berger ! Image, pour nous gens de la ville, quelque peu désuète. Le berger est un homme responsable de tout un troupeau. Un homme qui doit s’occuper et se préoccuper de chacune des brebis dont il est responsable. Un homme qui les nourrit, les soigne et leur prodigue tout l’amour dont elles ont besoin.

 

« Je suis le bon berger »

 

Dieu s’est fait le berger d’un immense troupeau. A travers Abel, Abraham, Moïse Dieu a conduit un peuple, son peuple, dans le désert du monde. Souvent, Dieu, lui-même, marchait en tête. Il était la nuée qui précédait le peuple d’Israël. Il était devant pour le conduire et derrière pour soutenir et rechercher les plus faibles.

Abel, Abraham, Moïse, Jésus, lui-même, ne sont jamais restés bien longtemps à une même place. Conduits par Dieu, ils guidaient le peuple pour l’amener là où le Seigneur l’avait décidé.

 

Le berger est avant tout un homme de transhumance. Il est le nomade du désert. Il marche et s’arrête cependant quelques fois pour que ses brebis puissent se reposer. C’est le berger qui fait traverser les déserts, les endroits les plus difficiles où l’on trouve peu de nourriture et presque rien pour s’abreuver. Le berger conduit son troupeau à travers ces déserts pour le mener là où il trouvera tout en abondance.

 

« Je suis le bon berger »

 

Et Jésus nous mène vers son Père. Il est aussi la porte qu’il nous faut passer pour vivre notre Pâque, notre résurrection. Il est la porte derrière laquelle chaque brebis trouve la nourriture nécessaire pour son existence et pour sa vie.

 

« Je suis le bon berger »

 

Comme le chemin était long jusqu’aux pâturages promis par Dieu, Jésus a donné une nourriture pour réconforter, encourager, chacune de ses brebis. Il nous a donné son corps et son sang pour que nous puissions traverser les déserts de nos existences et parvenir dans la joie au pays de l’abondance.

« Je suis le bon berger »

 

Et il est aussi le pain de vie. Il est ce que personne d’autre ne peut être à sa place, qu’il soit pasteur ou même inspecteur ecclésiastique. Ce n’est pas à travers le pasteur que les brebis reçoivent leur salut. Le pasteur n’est pas la porte qui conduit au pays de l’abondance. Il n’est pas non plus la nourriture qui permet de ne plus avoir ni faim, ni soif. Faire du pasteur, le berger, c’est lui faire prendre la place de Dieu ; c’est empêcher Dieu d’être Dieu. Et c’est donner au pasteur la place du Christ. Le pasteur est le gardien qui ouvre la porte au berger. C’est là un travail difficile et d’une grande responsabilité. Tant que le berger n’est pas venu, il doit garder le troupeau. En attendant la venue du berger, il nourrit les brebis, il les soigne, les réconforte et les soutient. Mais le gardien ne peut pas les guider vers le pays que seul le berger connaît. Le gardien veille à ne pas perdre une seule brebis que le Maitre lui a confiée. Il veille à ce que les voleurs ne pénètrent pas dans l’enclos. Il prend garde de tous ceux qui s’annoncent comme étant le berger. Tous ceux qui viennent dire : « C’est moi que vous attendez ». Tous ceux qui déclarent que ceci est bon et que cela est mal. Tout ceux qui affirment : « c’est comme cela qu’il faut faire et pas autrement ». Tous ceux-là ne peuvent pas entrer par la porte gardée. Tous ceux-là agissent dans l’ombre et l’obscurité. Ils ne disent jamais de mensonges, tout comme le diable d’ailleurs. Ils parlent souvent avec autorité et conviction. Ils n’affirment pas le contraire  de ce que le berger dit ; ils insistent seulement sur un point et laissent tous les autres points de la Parole du berger à l’abandon. Tous ceux-là peuvent porter bien des noms : traditionnalistes, conservateurs, légalistes, réformateurs, révolutionnaires.

 

Le gardien devra rendre des comptes au berger. Quand il pourra déclarer : « je n’ai perdu aucune brebis que tu m’as confiées », le berger ouvrira la prote et fera sortir chaque brebis en les appelant par leur nom.

 

Ensuite le berger conduira son troupeau vers le pays de l’abondance. Il guidera chaque brebis au travers sud désert. Un désert où chaque dune peut cacher l’adversaire qui cherche à séparer le berger de son troupeau. Un désert où l’on parlera du temps que l’on n’a pas, que l’on n’a plus. Un désert où certains problèmes gagneront en importance alors qu’ils ne sont pas essentiels. Un désert où l’on regrettera le passé : « c’était bien mieux avant ! ». Un désert où l’on finit par plus redouter le berger que l’adversaire. Et le berger, conscient de tous ces dangers, marche, ne s’arrête pas de marcher bien qu’il sache que quelques brebis tomberont fatiguées, lasses des combats à mener. Mais il nous entraine à sa suite dans cette marche même si, parfois, son pas rapide nous dérange, même si parfois ses exhortations nous bouleversent.

« Je suis le bon berger »

 

Le bon berger connaît le but. Il sait les fatigues de ses brebis et les difficultés qu’elles rencontrent. Alors, dans ces instants de grande détresse et de lassitude, le bon berger s’approche de chacune de ses brebis et il leur donne son corps et son sang, sa vie, afin qu’elles puissent repartir avec force et vigueur, certaines que le berger les conduit là où elles seront pleinement heureuses. Car, ne l’oublions pas mes amis, c’est bien ce que veut le bon berger.

 

Que chaque brebis, chacun de nous, mes amis, reçoive ce dont il a besoin pour sa joie et sa paix.

 

Sachons remercier le seul berger que nous connaissons : Jésus le Christ, le Fils de Dieu.

 

Amen !

DIMANCHE 26 AVRIL 2020

LUC 24/13-35

 

 

 

Ils sont partis de Jérusalem. La fête de Pâques est terminée. Ils devraient être heureux d’être « sortis » du pays d’Egypte. Ils ne le sont pas ! Ils avaient été plein d’espoirs. Le jour était enfin arrivé. Enfin, ils le pensaient, ils le croyaient. Une nouvelle fois, Dieu libérerait Israël. Le Seigneur donnerait à son peuple la place qu’il mérite dans l’humanité. Ils en étaient sûrs et certains. Plus que l’espérance, cet homme de Nazareth leur avait donné la foi. La foi en ce temps nouveau qui s’annonçait et se préparait. La foi en ce Dieu qui avait entendu leurs cris, qui avait vu leur souffrance et qui leur avait envoyé ce prophète, ce Jésus, qui rendait la vue aux aveugles. Même les sourds pouvaient entendre sa parole. Et les morts ! Les morts ressuscitaient. Oui, ils avaient été plein d’espérance et de confiance en l’avenir.

 

Alors, ils l’avaient suivi ; ils l’avaient écouté. Et puis, ils l’ont vu se faire arrêter par la police. Ils l’ont vu conspué au prétoire par la foule manipulé par les chefs du peuple. Et puis, ils l’ont vu porter sa croix. Ils n’ont pas eu le courage d’aller le voir mourir. Ils ont su qu’il était mort quand, à midi, l’obscurité est venue. Pendant trois jours, ils ont attendu. Ils ne savaient même pas ce qu’ils attendaient. Peut-être un miracle ? En fait, Dieu ne les avait pas entendus. Alors ils ont pris la décision de repartir vers leurs affaires, de retrouver leurs familles, leurs amis et leur travail. Juste avant de partir, ils ont appris que des femmes auraient vu des anges. Ils auraient di qu’il était ressuscité. Mais même les plus proches disciples ne l’ont pas vu. Une invention des femmes ! Elles sont tellement fragiles. On peut leur faire croire n’importe quoi… Ils sont donc partis de Jérusalem. Peut-être même ont-ils fui cette ville qui avait détruit leurs espoirs et leurs espérances.

 

J’avoue, mes amis, j’aime bien ces disciples d’Emmaüs. Ils montrent ce que je suis, ce que nous pouvons être : désespérés, avec un sentiment d’abandon et de tristesse. Ils sont comme moi, comme nous. Ils croient en quelque chose mais ils sont réalistes. Ils sont conscients de leurs rêves. C’était beau mais maintenant il faut continuer à vivre. Ils ne baissent pas les bras. Ils n’y croient plus tout simplement. Ils ne croient plus qu’une parole peut changer le monde. Ils ne croient plus qu’un geste peut transformer l’humanité. Alors ils font avec. Ils deviennent fatalistes. C’est comme ça ! On n’y peut rien !

 

Ils sont certainement tristes sur la route qui les mène à Emmaüs. L’aventure avait été belle. C’est dommage qu’elle se soit terminée. Surtout de cette manière ! N’est-ce pas ainsi qu’il peut nous arriver de penser ? Et nous enfouissons au plus profond de nous-mêmes nos rêves et nos espoirs. C’est peut-être comme ceci que nous devenons amers ; ainsi qu’on peut devenir conservateurs : pas de rêves et pas d’espoirs. C’est mieux ainsi ! Pourquoi vouloir changer les choses ? De toute façon, cela ne pourra pas se faire.

 

Alors quand l’autre arrive sur la route et qui ne sait pas ce qui s’est passé à Jérusalem, ils se mettent en colère. Non pas contre lui seulement mais contre eux-mêmes. Ils croyaient tellement que tout le monde avait été informé que découvrir qu’il y en avait un qui ne savait rien, a été trop dur pour eux. Ils étaient tellement persuadés que leurs rêves étaient aussi le rêve des autres. Ils sont en colère contre eux-mêmes. Ils se trouvent tellement stupides et idiots qu’ils agressent ce pauvre homme qui, pourtant, s’inquiète pour eux parce qu’il les voit tristes.

Ils lui expliquent ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils ont cru. L’autre les écoute. Il attend qu’ils aient tout dit de leur espérance et de leur désespoir. A son tour, il leur parle. Et voilà qu’ils y croient encore. Mais cette fois, leur croyance est réaliste. Ils discutent avec lui. Ils se sentent tellement bien qu’ils l’invitent à prendre un repas avec eux. Si les femmes voient des anges ; les hommes, eux, savent parler, raconter et se disputer. Chacun son « truc », n’est-ce pas !

 

Nous savons que c’est Jésus qui est venu à leur rencontre. Eux ne le découvrent qu’après qu’il ait refait les gestes de la « Chambre haute ». Jésus, lui-même, est venu jusqu’à eux pour leur redonner l’espérance et la confiance en Dieu. Jésus vient leur dire que leurs rêves peuvent devenir réalité. Jésus s’approche et leur affirme que leur espérance n’est pas vaine. Jésus leur rappelle que tout est possible pour Dieu et pour celui qui croit : que les montagnes peuvent se jeter dans la mer, que les aveugles voient, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, que les armes se taisent.

 

Jésus, notre frère, vient nous dire cela, à nous aussi : à chacun de nous, à notre communauté, à notre Eglise, à notre monde.

Il vient dire que nous avons raison de rêver et de croire en l’inimaginable.

Il vient nous dire que nous avons raison de croire que tout peut changer.

Il vient nous dire qu’il n’y a pas de raisons de désespérer et de baisser les bras. Il n’y a aucune raison de devenir fataliste et de laisser les choses aller comme elles sont.

Pour chacune de nos existences, pour la vie de notre Eglise, de notre communauté, pour le monde dans lequel nous vivons, nous pouvons être persuadés que la lumière de Dieu brille dans nos ténèbres. Nous pouvons être sûrs que rien n’est immuable si Dieu ne le veut pas. Nous pouvons être certains que nos rêves et nos souhaits peuvent se réaliser s’ils sont en conformité avec la volonté de Dieu.

Oui, tous les obstacles, toutes les obscurités, peuvent être à tout jamais détruits. Serait-ce de l’optimisme forcené ? Peut-être ? Pourquoi pas ? Notre foi ouvre devant nous des horizons que nous aurions pu penser fermés. Notre Seigneur nous libère de nos certitudes pessimistes. Notre Dieu ouvre de nouvelles routes. C’est un peu comme dans « Alice au pays des merveilles » où les routes s’ouvrent et s’illuminent alors que rien ne le laisser présager.

 

En ce dimanche, Dieu nous déclare : « N’ayez pas peur de vos rêves ni de vos espoirs ! Ne craignez pas les chemins où pourrait vous conduire votre imagination. Moi, je vous le dis, mes rêves sont encore plus fous que les vôtres. Moi, mes espoirs peuvent être plus grands que les vôtres. Mon imagination est encore plus débordante que la vôtre. Allez, rêvez, imaginez, espérez ! J’éclaire vos chemins ; j’ouvre les portes fermées. Tout est possible ! Oui, vraiment tout est possible. Devenez des bâtisseurs ! Devenez des artisans de la paix ! Devenez des acteurs dans et pour le monde ! Voyez mon serviteur Martin Luther King, il a fait un rêve et ce rêve est devenu réalité. Croyez ; croyez et ne craignez pas ! ».

 

C’est ce qui est arrivé pour les disciples d’Emmaüs. Une route nouvelle est apparue devant eux. Ils y sont allés. Ils l’ont suivie. Aujourd’hui, c’est à notre tour !

 

Amen !

DIMANCHE 19 AVRIL 2020

1ER DIMANCHE APRES PAQUES

JEAN 20/19-31

 

 

« Bienheureux, ceux qui sans avoir vu, ont cru ! »

 

Et de la foule monte une exclamation : « Les fous, ils sont fous. Regardez, ils croient en ce qu’ils n’ont pas vu ; ils croient sans avoir apporter des preuves tangibles, bien matérielles ; ils croient alors que tout devrait leur prouver que c’est une affaire montée, une escroquerie, un canular… ».

 

« Bienheureux, ceux qui sans avoir vu, ont cru ! »

 

Cette parole de Jésus s’adresse directement à nous : à nous qui n’avons pas vécu au temps de la vie terrestre de notre Seigneur ; à nous qui n’avons pas vu, de nos yeux vu, le Christ ressuscité.

 

Oui, il faut bien l’admettre, le reconnaître, aux yeux du monde, nous sommes fous. Nous agissons comme des enfants qui croient tout ce que leur père leur dit. Et pourtant, bien souvent, nous nous vantons d’être rationalistes, d’avoir les pieds sur terre et de ne croire que ce que l’on voit. Scientifiques, si tant est que la science serait contraire à la foi, nous le sommes devenus. En particulier, au sujet de l’information qui nous abreuve de paroles et d’images en continu. Cette information que l’on trouve, aujourd’hui, sur tous les réseaux sociaux. Nous pouvons dire : « oui, c’est vrai puisque je l’ai vu, entendu et lu ! ». Et la rumeur devient vérité. Tout particulièrement en ce temps de confinement où il nous est donné de voir, d’entendre et de lire toutes sortes d’informations qui ne sont, bien souvent, que fausses nouvelles. Et nous savons que même l’image peut être trompeuse. Il n’est qu’à se souvenir, pour ceux qui sont assez âgés, du fameux massacre de Timishoara !... Et les fameuses images de lions dans les rues de Russie pour empêcher les gens de sortir de chez eux !…

 

« Bienheureux, ceux qui sans avoir vu, ont cru ! »

 

Parole prononcée par le ressuscité à Thomas, un disciple scientifique qui ne veut croire que ce qu’il voit et que ce qu’il touche. Son attitude est tellement connue et reconnue qu’il est passé dans le langage populaire : « Je suis comme Thomas ; je veux voir et toucher pour croire ! ».

 

Thomas est, comme les autres disciples, surpris, malheureux, inquiet ç cause de la mort et de la disparition du corps de son Maitre, de celui qu’il a suivi pendant au moins trois années et dont il a écouté avec avidité les paroles.

Thomas était sorti de la maison. Peut-être pour essayer de trouver des réponses à toutes ses questions ? Parti enquêté, il revient sans information. C’est à son retour qu’il en reçoit une cependant. Elle lui est donnée par ses compères d’infortune. Ils l’ont vu entrer dans la maison où ils se cachent depuis son arrestation. Ils avaient tellement peur. Mais il leur a parlé. Il les a envoyés dans le monde. Il leur a donné l’Esprit comme il l’avait promis. Mais

 

Thomas n’y croit pas. C’est impossible ! Cela n’est pas rationnel ! Enfin !, s’il est revenu, c’est qu’il n’est pas mort ou alors c’est un autre qui se fait passer pour lui. Le raisonnement de Thomas, en cet instant, devient la source de tant d’hommes et de femmes qui ont écrit, et écrivent encore, sur le Christ et qui affirment que Jésus de Nazareth, dit le Christ, n’est pas mort sur la croix, qu’il a été substitué et qu’il est parti aux Indes. Thomas, en cet instant, ne peut pas croire que Jésus est ressuscité. Il veut voir et toucher.

 

Ses compagnons sont touchés par son argumentation. Ils sont déçus mais, après tout, il a peut-être raison. Alors ils ne partent pas comme Jésus leur avait pourtant ordonné. Ils se rangent à l’opinion de Thomas. Ils vont encore attendre. Ils ne partent donc pas pour aller proclamer la résurrection de Jésus, leur seigneur. Au contraire des femmes d’ailleurs qui, elles, ont obéi tout de suite à Jésus. Les disciples attendent une confirmation, comme un scientifique reproduit une expérience pour vérifier que le résultat soit identique. Mais là encore, comme pour les images trompeuses, la théorie du chaos nous apprend qu’une expérience peut être validée bien que n’ayant pas le même résultat la deuxième fois qu’elle est accomplie.

 

« Bienheureux, ceux qui sans avoir vu, ont cru ! »

 

Jésus accepte cette nouvelle expérience. Il se plie aux exigences des scientifiques. Il revient et il invite Thomas à le toucher, à mettre sa main dans son côté et son doigt dans ses mains.

Thomas entend la voix de son Seigneur. Il le voit et se prosterne. Il ne va pas jusqu’au bout de son expérience. Thomas n’a pas besoin de toucher son Seigneur et il ne le touche pas. Thomas, en cet instant, ne peut plus être la source des théologiens, historiens, à l’imagination débordante qui oublient, ou qui passe  sous silence, l’exclamation de foi de ce disciple parce qu’elle est devenue troublante et dérangeante pour leurs belles théories.

 

Comme Thomas, comme les disciples, nous revenons dans la Chambre haute pour venir à la rencontre du Ressuscité parce qu’il nous y a invité.

Comme eux, nous venons écouter sa Parole ; comme eux, nous venons voir le Seigneur. Oui, le voir mes amis. Car n’a-t-il pas dit que « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je serai présent » ? C’est encore la réalité en ce temps de confinement car même si nous ne sommes pas réunis dans un même lieu, nous sommes unis par-delà l’espace par le Seigneur et son Esprit.

 

Et quand il nous sera possible de nous retrouver dans un même lieu, n’est-ce pas le Seigneur que nous pourrons contempler et toucher dans chacun de nous quand nous aurons partagé le pain et le vin, son corps et son sang ?

Cependant, je vous l’accorde, nous n’avons pas l’impression de venir à l’église pour chercher et trouver une preuve tangible de la réelle présence de Dieu parmi nous, au cœur du monde. Pourtant notre vie communautaire peut nous permettre de prendre vraiment conscience de la présence de notre Seigneur malgré les difficultés de notre vie et l’ambiance morbide du monde dans lequel nous vivons.

 

« Bienheureux, ceux qui sans avoir vu, ont cru ! »

 

Par cette parole, Jésus nous invite à aller toujours au-delà des apparences pour discerner et découvrir sa présence malgré nos questionnements et parfois nos doutes. « Le doute est nécessaire à la foi », disait Dietrich Bonhoeffer.

 

Il nous invite à être « en marche », comme le traduit André Chouraqui. Il nous invite à vivre dans la confiance. Il nous dit : « Soyez simples, simples comme des enfants. Ayez confiance en moi car, moi votre Dieu, je ne vous mens pas. Je suis avec vous, près de vous ; je vous aime ».

 

C’est à nous, mes amis, que le Seigneur nous déclare : « Vous êtes bienheureux parce que vous avez cru sans avoir vu. Vous n’avez pas eu besoin de preuves matérielles pour savoir, pour croire que je suis là, à vos côtés. Alors partez, oui partez sur les routes du monde dans la confiance et la certitude que je vous accompagne. Il n’est pas besoin de preuves pour se savoir aimer et pour aimer ».

 

Vivre ainsi dans la confiance et la gratuité : voilà ce que le monde appelle, aujourd’hui, de la folie.

 

Peu importe que le monde nous traite de fous ! Réjouissons-nous car Dieu nous appelle ses « bienheureux ». Et parce que nous le sommes, nous pouvons rayonner de sa présence et de son amour.

 

Amen !

PAQUES -  12 AVRIL 2020

Matthieu 28/1-10 ; Marc 16/1-8 ;

Luc 24/1-12 ; Jean 20/1-9

 

 

 Elles sont parties au petit matin vers le cimetière. Elles portaient tout le nécessaire pour laver le corps et le préparer au grand voyage qu’on appelle la mort. Tout avait été si rapide qu’il n’avait pas été possible d’enterrer décemment le corps de leur ami, de leur frère, de leur maitre. Le cœur serré ; les larmes aux yeux, elles avançaient dans la tristesse et le chagrin que rien ne peut arrêter. Mais quand elles arrivent, le tombeau est ouvert. L’évangile de Matthieu nous dit que des anges apparaissent et annoncent qu’il n’est pas ici, qu’il est ressuscité.

 

Il l’avait dit ; elles ne l’avaient pas entendu ni cru. Elles, et aussi tous les autres : Pierre, Jacques, Jean, Matthieu…

Aucun n’avait cru que la vie pouvait être plus forte que la mort. Aucun n’avait cru que l’amour pouvait détruire la haine. Aucun n’avait cru à sa victoire, à la victoire de Dieu, surtout depuis son entrée à Jérusalem. Tout avait été de mal en pis !

C’était évident que cela se terminerait mal. Avec tout ce qu’il disait, les autorités ne le laisseraient pas longtemps agir et parler comme il le faisait. Ses proches avaient l’impression qu’il n’espérait que cela, que les autorités l’arrêtent. Ses paroles étaient semblables à un ouragan. Elles détruisaient les règles, les habitudes, les traditions et les pouvoirs. Quand il avait fini de parler, on pouvait entendre les murmures des gens en place et du peuple qui était bouleversé. On pouvait voir les regards plein de haine et de volonté destructrice.

Tout avait été si vite ! Les pouvoirs avaient voulu donner une leçon au peuple avant la fête. Il fallait marquer les esprits. S’il continuait, il entrainerait le peuple sur les chemins de l’instabilité politique et économique. Si jamais le peuple décidait de le suivre, l’envahisseur aurait toute liberté pour réaliser un bon nettoyage ethnique. Le peuple aurait disparu, tout comme l’espoir d’un renouveau. Oui, il fallait qu’il meure !

Les disciples, fins politiques, avaient bien compris cela. Ils s’étaient éloignés de lui ; ils avaient fui. A la croix, sur le Golgotha, il n’y avait eu que les femmes pour avoir le courage de pleurer, d’assister à l’exécution de leur ami et de montrer leur souffrance. Un seul homme était resté ! L’exception qui confirme la règle !...

 

Mais voilà, le tombeau est ouvert. Le prophète, bouche de Dieu, l’avait dit : « Je vais ouvrir vos tombes », à tous les hommes qu’il avait rencontré.

 

« Je vais ouvrir vos tombes ».

 

C’est un chant de liberté qui s’élève et qui pénètre au plus profond de nos cœurs, de nos âmes et de nos esprits. Comme une semence, il a germé en nous et, aujourd’hui, il explose. Il a ouvert nos tombes. Pas seulement celles de nos cimetières ; celles aussi de nos cœurs, de nos âmes et de nos esprits. Il a ouvert les tombes de nos vies afin qu’elles soient comblés de la relation harmonieuse avec Dieu, avec sa création, avec l’autre, notre frère, notre sœur.

L’ouverture de nos tombes, c’est la victoire sur le péché qui nous a séparés de Dieu.

L’ouverture de nos tombes, c’est la certitude que rien ne peut être définitif et impossible.

Trop souvent, nous nous sommes laissés décourager, démoraliser par les murs que nous avions construits et qui nous emprisonnaient.

Nos tombes sont l’obscurité de nos principes et de nos coutumes qui nous empêchent de nous rencontrer, de nous parler et de nous aimer.

 

Quand, au matin de Pâques, le cri des femmes retentit : « Il est ressuscité ! », ce sont nos tombeaux qui s’ouvrent, nos oreilles se débouchent et nos cœurs réapprennent à sourire et à rire.

Ce cri nous apprend que la vie, notre vie vaut la peine d’être vécue, qu’il n’y a pas de temps à perdre dans les incompréhensions et les polémiques stériles provoquées  par notre orgueil ou notre volonté d’avoir toujours raison.

Ce cri, c’est l’appel à la vie sans que nous regardions en arrière. Nous sommes appelés à vivre intensément notre présent et espérer avec foi notre avenir.

 

« Il est ressuscité ! »

 

Et notre Seigneur, en ouvrant nos tombes, fait de nous de nouvelles créatures qui ne craignent plus pour l’avenir mais savent vivre le présent dans l’intensité de l’écoute et du partage.

Il a ouvert nos tombes et nous sommes vivants. Oui, regardez-vous mes amis, ayez ce courage de dévoiler votre visage et votre cœur. Vous êtes des ressuscités. L’annonce de la Vie du Seigneur est faite pour nous rappeler que nos tombeaux sont ouverts. Le Seigneur nous appelle à la vie. Pourquoi préférer l’obscurité et les prisons ? Pourquoi parler, agir et penser avec de la haine, le stérile orgueil et la volonté de pouvoir sur les autres ?

 

« Il est ressuscité ! », disent les anges aux femmes.

C’est une parole perdue dans l’immensité du brouhaha mondial lié à la pandémie qui touche toute l’humanité, du bruit des armes et des clameurs de guerre qui continuent dans ce monde bien que nous n’en parlions plus dans les médias.

C’est une parole perdue parmi les cris de douleurs et de souffrances de l’humanité. Pourtant cette parole est comme une petite flamme de bougie, fragile mais puissante car elle peut éclairer l’obscurité de nos tombeaux. Elle peut allumer une autre bougie qui, à son tour, allumera une autre bougie qui, à son tour, allumera une autre bougie qui… jusqu’à l’infini.

 

Le tombeau s’est ouvert.

« Il est ressuscité ! »

 

            Trois petits mots qui circulent de bouches à oreilles pour couvrir le tumulte du monde. Le tombeau s’est ouvert et d’autres mots vont être entendus car ils réapparaissent dans le vocabulaire des hommes. Des mots comme : tendresse, affection, bienveillance, fraternité, merci, amour, paix… Ces mots avaient perdus leurs sens. Quant aux hommes, en perdant le sens de ces mots, ils avaient perdu le sens de leur vie. Mais, aujourd’hui, ils réapparaissent. Ils emplissent le monde et c’est une nouvelle façon de parler, d’agir, de vivre qui s’offre à chacun de nous.

 

Le tombeau s’est ouvert.

 

Les petites flammes de bougies, c’est le Christ, le Vivant, les femmes venues au tombeau, les disciples cachés dans la grande ville, c’est chacun de nous.

Il n’est plus temps de désespérer. Il n’est plus temps de craindre pour nos existences et pour la tâche que Dieu nous donne d’accomplir.

La petite flamme qu’est le Christ a donné naissance à un brasier, à un feu que rien ne pourra éteindre et qui se propage dans le monde et l’éclaire comme il illumine les hommes au plus profond de leur être et de leurs secrets.

 

Le tombeau est ouvert et Dieu nous entraine à la suite de son Fils. Il nous ressuscite.

Eclairer le monde de la présence de Dieu par nos vies, proclamer son amour et annoncer sa paix est notre vocation pour aujourd’hui et pour demain.

En ouvrant la tombe de son Fils, il a ouvert nos tombeaux et il est venu en nous, au plus profond de nous-mêmes. Nous n’y pouvons rien. Dans nos corps, dans nos âmes, dans nos esprits, c’est un véritable raz de marée qui ne peut être arrêté. Nous pouvons tous sentir que cela monte jusqu’à nos bouches. Nous transpirons la vie, la Vie de Dieu.

Nos tombeaux sont ouverts. Soyons dans l’allégresse ! Réjouissons-nous ! Nous sommes les vivants parce qu’il est vivant en chacun de nous. Il nous envoie, à présent, comme il a envoyé les femmes, pour proclamer au cœur du monde cette bonne nouvelle.

 

Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

 

Amen !

© 2016 by PH BS. Proudly created with Wix.com

​​Nous contacter

01 44 93 55 16

bonsecoursparis@gmail.com

Nous trouver: 

20, rue Titon 75011 PARIS

Métro: Rue des Boulets (ligne 9) ou

Faidherbe (ligne 8)