Chers amis,

Depuis le 15 mars, nous ne pouvons plus vivre en Eglise comme nous avions l’habitude de la faire. Nous sommes obligés, pour nous protéger et protéger nos frères et nos sœurs en humanité du virus qui envahit notre terre, de rester en confinement chez nous.

Mais nous pouvons encore vivre en Eglise car, malgré la distance, nous sommes toujours unis les uns aux autres par l’Esprit de notre Dieu.

Nous pouvons lire la Parole de notre Seigneur et nous pouvons le prier ensemble. C’est pourquoi, je vous propose que nous nous retrouvions, chaque midi, là où nous sommes, pour lire un texte biblique et prier le Notre Père.

Profitons aussi de ces instants pour nous appeler au téléphone, de garder le contact, pour ceux qui en ont les moyens, par les réseaux sociaux et tous les outils virtuels que nous pouvons posséder aujourd’hui.

Pensons à tous les soignants : médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels d’entretien de tous les hôpitaux, des maisons de retraite et des soins à domicile.

Pensons à toutes les familles dans le deuil ou dans la maladie.

Soyons solidaires les uns des autres car nous sommes membres d’un même corps et que l’apôtre Paul nous rappelle que « lorsqu’un membre souffre, c’est tout le corps qui souffre ».

Ensemble, nous traverserons cette crise sanitaire pour parvenir à la vie nouvelle que notre Seigneur nous offre.

 

Je vous embrasse par le Christ et avec le Christ

Votre pasteur

Jean-Frédéric

DIMANCHE 22 MARS 2020

ROMAINS 8/1-10

 

4EME DE CAREME

 

Par Jean Frédéric Patrzynski

 

 

Nous avons pu, ensemble, découvrir depuis le début du Carême, l’amour du Seigneur pour chacun de nous. Un amour gratuit et libérateur. Un amour qui conduit à la vie et nous ouvre les portes d’une existence renouvelée en Jésus-Christ. Encore fautifs, mais non pécheurs parce que le Christ est mort, et dans sa mort, a détruit notre péché, il serait possible d’imaginer, de croire que nous pourrions faire tout ce que l’on voudrait. Troublés parce que nous ne sommes plus pécheurs, nous avions pu penser que nous étions totalement libres. Libres comme le pensent les hommes d’aujourd’hui, c’est-à-dire sans aucune obligation, ni responsabilité. Mais Dieu arrête ce raisonnement !

 

Prisonniers ! Nous sommes prisonniers ! Au contraire de ce que nous pensions et de ce que nous souhaitions. Paul, apôtre du Fils de Dieu, bouche de Dieu, vient nous affirmer que nous sommes sous « l’empire de l’Esprit ». Prisonniers de Dieu ! A l’époque de Paul, on aurait dit : « esclaves de Dieu ».

 

Depuis notre libération effectuée dans la mort du Christ, c’est la condition première des chrétiens que nous sommes. Mais cette fois-ci, il ne s’agit plus de chercher, par n’importe quel moyen, de se libérer. Il ne peut être question pour nous de penser, d’imaginer, de croire que nous aurions quelque liberté à l’égard de Dieu. Oui, au risque de déplaire à certains théologiens, nous ne pouvons pas affirmer ou même confirmer le libre-arbitre des hommes. Ce libre-arbitre qui permettrait aux hommes de dire « oui » ou « non » à Dieu. Ce libre-arbitre qui permettrait de faire le choix de Dieu ou non. Car, si cela était, nous ne serions pas sous « l’empire de l’Esprit ».  Dieu pourrait-il aller contre lui-même ? Dieu chercherait-il à se détruire ? Si nous sommes sous « l’empire de l’Esprit », nous ne pouvons que dire « oui » à Dieu. Car c’est bien Dieu qui nous parle encore aujourd’hui au travers de la bouche de son apôtre. C’est bien Dieu qui affirme à chacun de nous :

 

« Vous n’êtes plus sous l’empire de la chair mais de l’Esprit puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ».

 

Nous ne pouvons que constater que même si nous parvenions à nous libérer de « l’empire de l’Esprit » et à dire « non » à Dieu, nous serions sous « l’empire de la chair ». Prisonniers de la chair ou prisonniers de l’Esprit ! C’est ce que Martin Luther appelait le « serf-arbitre » ; c’est ce que le philosophe Alain a démontré en expliquant que la liberté n’existait pas. Il nous reste à discerner ce qui peut nous rendre vraiment libres. Dieu ou la chair, c’est-à-dire notre volonté, notre intelligence. Oui, de quelle liberté sommes-nous les héritiers ?

 

En écoutant cette parole de l’apôtre, nous ne pouvons pas penser que nous pourrions être à la fois sous la domination de la chair et la domination de l’Esprit. C’est soit l’un, soit l’autre. C’est noir ou c’est blanc. C’est bouillant ou froid. Cela ne peut être gris et tiède.

 

« Vous n’êtes plus sous l’empire de la chair mais de l’Esprit puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ».

 

Il n’est même pas question ici d’une possibilité et d’une capacité pour l’homme de dire : « je choisis ». Il est sous l’empire de la chair ou sous l’empire de l’Esprit. Il n’y a aucun choix. Chacun de nous est appelé à vivre cette situation. Et la situation nouvelle qu’est la nôtre par la mort du Christ, est d’être sous « l’empire de l’Esprit ».

Au fait, comment est-on sous l’empire de l’Esprit ? J’allais dire : c’est simple ! Cela l’est pourtant sans l’être tout à fait. Comment l’Esprit de Dieu habite-t-il en nous ? Le psalmiste le proclame : Dieu nous a choisis dès le ventre maternel. Il nous a pris dans ses bras pour dire à nos oreilles combien il nous aime. Il nous a plongés dans l’eau du baptême. Là, nous sommes morts avec le Christ et nous sommes nés à une nouvelle vie dans une nouvelle création. N’oublions pas ce que dit Jean : « les enfants de Dieu ne sont nés ni de la chair, ni du sang, ni de la volonté des hommes mais de la volonté de Dieu ».

 

Par notre baptême, Dieu a plongé en nous, au plus profond de notre être et a envahi notre corps, notre âme et notre esprit. C’est là qu’il y a fait sa demeure.

 

Par la communion au corps et au sang de notre Seigneur Jésus le Christ, nous sommes invités, malgré notre indignité, à participer à la vie même du Christ. Comme le dit Paul, nous pouvons affirmer sans orgueil de notre part et avec beaucoup d’humilité : « ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi ».

 

« Vous n’êtes plus sous l’empire de la chair mais de l’Esprit puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ».

 

Il n’est plus question de possibilité d’alternatives. Si Christ est présent au plus profond de nous-mêmes, c’est Christ qui nous aidera à agir. Et nous ne pourrons agir que selon sa volonté, en conformité avec sa Parole et son amour.

 

Conscients de cette présence, il ne nous sera pas possible de ne pas choisir ses commandements. Il nous sera impossible de lui dire « non ». Et il ne nous est plus possible de laisser notre frère, notre sœur, être bafoué, abandonné, torturé ou rejeté. « Quand l’un des membres souffre, c’est tout le corps qui souffre avec lui », nous explique encore Paul.

 

Parce que nous sommes habités par l’Esprit de Dieu, nous voici unis les uns aux autres. Malgré les distances, les absences, notre unité existe parce qu’elle est la volonté même de notre Seigneur. Par l’Esprit qui habite en nous, nous formons un seul corps indivisible et indestructible. Ce corps est le Corps du Christ qui se nomme l’Eglise et dont la tête est le Christ lui-même qui habite en chacun de ses membres. Alors nous voici à nouveau prisonniers. Parce que nous sommes prisonniers de Dieu, nous sommes prisonniers les uns des autres.

 

L’esprit qui affirmerait que nous pouvons vivre sans les autres, que nous ne sommes pas unis et indépendants totalement les uns des autres, serait un esprit de chair, un esprit de satan. Cet esprit là nous entraine dans l’égoïsme, dans l’intolérance, le racisme, l’intégrisme ou dans le conservatisme. Cet esprit là nous oblige à nous détourner de Dieu et nous conduits à être des enfants de ce monde. Ces enfants recherchent la richesse, le pouvoir, la domination sur les autres, leur propre bien être.

 

Le Christ, au soir de sa Passion, priait son Père et disait de ses disciples qu’ils « ne sont pas du monde bien qu’ils vivent dans le monde ». Si nous étions du monde, nous serions sous « l’empire de la chair ». Nous ne sommes pas du monde. Nous vivons dans ce monde et c’est dans ce monde que nous servons Dieu en témoignant de son amour, en apportant sa paix à ce monde.

 

C’est certainement, pour chacun de nous, une grande difficulté. C’est le paradoxe vivant de notre existence d’enfants de Dieu. Nous vivons dans ce monde sans appartenir à ce monde. Et les tentations sont nombreuses et grandes. Nous avons besoin de Jésus, notre frère, pour résister au tentateur comme lui-même l’a fait. En étant des enfants de Dieu, l’Esprit n’a pas détruit notre humanité. Nous sommes encore des hommes et des femmes qui vivent parfois avec difficulté leur foi. Mais nous savons que l’Esprit de Dieu habite en nous, que nous sommes sous son empire. Par amour, notre Seigneur nous a offert son Esprit de force, l’Esprit de Jésus qui, malgré nos fautes, nous soutiendra pour marcher dans la lumière de notre Père ; nous fortifiera dans le combat contre le mal et nous assurera da la victoire. C’est là notre certitude en ce temps de Carême car

 

« Vous n’êtes plus sous l’empire de la chair mais de l’Esprit puisque l’Esprit de Dieu habite en vous ».

 

Amen !

PREDICATION DU DIMANCHE 15 MARS 2020

 

ROMAINS 5/1-2, 5-8

Par Jean Frédéric Patrynski

 

  

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

Le Carême avance et nous continuons sur notre route afin de mieux comprendre l’amour de notre Seigneur. Cet amour qui culminera à la croix plantée sur le Golgotha. Nous cheminons avec l’apôtre dans la compréhension de cet amour qui vient transformer chacune de nos existences.

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

« Pécheurs », séparés de Dieu. Nous étions dans cette difficulté de relations avec le Père créateur. Nous étions dans le doute de son amour. Nous étions dans le doute de son existence. Et puis s’il existait vraiment, pourquoi alors tant de souffrances et de haine ?

Mais entendez-vous bien ? Paul ne dit pas : « alors que nous sommes pécheurs » ou « nous serons pécheurs ». Il affirme que « nous étions ». C’est au passé que se vit cette réalité. Bien sûr, nous le savons, nous continuons à commettre des fautes, à ne pas vivre pleinement l’amour de notre Dieu avec nos frères et nos sœurs. Nous continuons à avoir des difficultés pour respecter la deuxième table de la Loi. Mais Christ est mort. Mort pour nous tous qui étions pécheurs.

Cela ne peut signifier que nous ne le sommes plus. Il parait à présent difficile de nous définir pécheurs. Sinon la mort du Christ serait vaine. Elle serait inutile et Dieu aurait vraiment été injuste de faire mourir son Fils pour l’humanité.

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

Christ, le Fils de Dieu, l’incarnation de Dieu dans ce monde, est mort pour les pécheurs. C’est-à-dire ceux qui sont incapables d’être en harmonie avec eux-mêmes et avec Dieu. Il est mort et a été offert en sacrifice pour les indignes. Il a accepté de mourir pour nous, à notre place. Mourir pour un juste ou pour un homme de bien est déjà difficile, comme le dit l’apôtre Paul. Serions-nous prêt vraiment à donner notre vie pour que l’autre vive ? En cela, nous montrons encore notre imperfection. Reconnaissons-le, nous ne sommes pas prêts les uns les autres à mourir même pour quelqu’un qui nous paraitrait bon. Le Christ, lui, l’a fait. Il a offert son corps et son sang pour chacun de nous. Et le jugement de Paul est sévère ! Aucun de nous n’est ou n’était un homme juste ou un homme de bien.

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

Pour mourir sur la croix, le Christ n’a pas attendu que nous soyons « justes » ou « bons ». Il n’a pas attendu que nous accomplissions des bonnes œuvres. Il n’a pas attendu que nous fassions pénitence. Il n’a pas attendu que nous nous repentions de nos fautes et de notre péché. Sa mort est gratuite. Elle n’est pas le résultat d’un contrat que Dieu aurait signé avec l’humanité. Dieu a, encore une fois, agi avant même que l’homme prenne conscience du mal qui le ronge. Il n’est pas question ici de « donnant-donnant ». Ce n’est pas parce que nous ferions pénitence que Christ mourrait pour nous. Ce n’est pas parce que nous ferions pénitence, que nous pourrions recevoir le corps et le sang du Christ offert dans la Cène.

Indignes, nous le sommes !

Imparfaits, nous le sommes !

Mais à cela Dieu nous dit : « je le sais mais je t’offre mon Fils en pardon de ton péché et de tes fautes. Je t’offre mon corps et mon sang parce que je t’aime, toi l’imparfait, toi l’indigne, toi l’impur ».

Comprenez-vous, mes amis, l’amour du Seigneur ? Il nous est possible de mieux le discerner quand nous constatons notre propre difficulté à aimer celui qui nous parait impur, imparfait, indigne. Lui, notre Dieu, ne regarde pas cela. Il ne voit qu’un être aimable, c’est-à-dire apte à être aimé. C’est bien la bonne nouvelle qu’est l’Evangile !

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

C’est à cause de cet amour, que nous pouvons vraiment discerner le mal que nous pouvons faire. En constatant que le juge prend la place du condamné. Car c’est bien cela qui se passe dans la mort du Christ. Mon juge prend ma place et cela me fait réfléchir, beaucoup mieux, certainement que ma propre condamnation. Même le pire des hommes peut comprendre la notion de justice. Il peut  lui être donné alors de percevoir l’injustice, selon la pensée humaine, que le juste est condamné à sa place. C’était un peu ce que montrait le film « Barrabas ». C’est ce qui peut nous arriver. Par la mort du Christ, nous prenons conscience de notre péché et de nos fautes. Mais en prenant conscience de cela, nous découvrons aussi que notre condamnation n’est plus. Nous prenons conscience que notre jugement a eu lieu. Il n’est pas ; il n’est plus à venir !

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

Honnêtement, je vous l’accorde, voilà quelque chose de bien difficile à assumer ! Assumer l’amour que l’on reçoit de l’autre. Assumer d’être reconnu pour ce que l’on est. Assumer d’être accepté malgré notre imperfection et notre faiblesse. Ce n’est pas simple à vivre parce qu’il peut nous arriver de dire : « non, je ne veux pas être aimé ; je ne veux pas être reconnu ; je ne veux pas être accepté ». C’est là une autre forme d’orgueil que nous pouvons, en pensant ainsi, interdire à l’autre de nous aimer. Pourrions-nous, mes amis, interdire à Dieu de nous aimer ? Pourrions-nous empêcher le Christ de mourir pour nous ? Pierre l’a fait et Jésus lui a dit : Arrière de moi Satan ! ». 

Dieu nous offre une dynamique nouvelle. Accepter ce que nous sommes. Avoir le courage de nous regarder en face et découvrir, malgré ce que nous pourrions voir, que nous sommes aimés.

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

Ce temps de Carême peut devenir ainsi un temps de libération : libération de notre orgueil ; libération des interdits que nous fabriquons.

Parce que Dieu nous libère, il nous est possible maintenant de nous améliorer avec son aide. Il nous est donné de combattre le mal qui est en nous et que nous ne voulons plus faire. La foi nous permet de ne jamais oublier de quel amour Dieu nous aime et de savoir que chaque fois que nous tombons, le Christ est mort pour nous.

Le pain et le vin que nous partageons sont là pour nous rappeler cet amour de Dieu. Le corps et le sang du Christ qui nous sont offerts alors nous donnent les forces dont nous avons besoin pour détruire le mal.

Comprenons que plus nous prendrons conscience des fautes que nous commettons, plus encore nous aurons besoin de ce corps et de ce sang présents dans le pain et le vin. Nous savons que là, Dieu nous rappelle que

 

« Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

 

C’est la joie qui vient emplir nos cœurs, nos âmes et nos esprits !

Célébrons le Seigneur ! Son amour dure à toujours !                                                   

 

 

Amen !

© 2016 by PH BS. Proudly created with Wix.com

​​Nous contacter

01 44 93 55 16

bonsecoursparis@gmail.com

Nous trouver: 

20, rue Titon 75011 PARIS

Métro: Rue des Boulets (ligne 9) ou

Faidherbe (ligne 8)