Chers amis,

Depuis le 27 octobre, nous ne pouvons plus vivre en Eglise comme nous avions l’habitude de la faire. Nous sommes obligés, pour nous protéger et protéger nos frères et nos sœurs en humanité du virus qui envahit notre terre, de rester en confinement chez nous. Mais nous pouvons encore vivre en Eglise car, malgré la distance, nous sommes toujours unis les uns aux autres par l’Esprit de notre Dieu.

Nous pouvons lire la Parole de notre Seigneur et nous pouvons le prier ensemble. C’est pourquoi, je vous propose que nous nous retrouvions, chaque midi, là où nous sommes, pour lire un texte biblique et prier le Notre Père.

Profitons aussi de ces instants pour nous appeler au téléphone, de garder le contact, pour ceux qui en ont les moyens, par les réseaux sociaux et tous les outils virtuels que nous pouvons posséder aujourd’hui. Pensons à tous les soignants : médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels d’entretien de tous les hôpitaux, des maisons de retraite et des soins à domicile.

Pensons à toutes les familles dans le deuil ou dans la maladie. Soyons solidaires les uns des autres car nous sommes membres d’un même corps et que l’apôtre Paul nous rappelle que « lorsqu’un membre souffre, c’est tout le corps qui souffre ». Ensemble, nous traverserons cette crise sanitaire pour parvenir à la vie nouvelle que notre Seigneur nous offre.

 

Je vous embrasse par le Christ et avec le Christ

Votre pasteur, Jean-Frédéric Patrzynski

DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2020

FETE DU CHRIST-ROI

(LIRE OSEE 11/1-9, 1 THESSALONICIENS 5/1-11, MATTHIEU 25/31-46)

Pasteur Jean-Frédéric Patrzynski

 

 

 

 

C’est le jour du Seigneur ! L’apôtre Paul en parle aux Thessaloniciens et le prophète Osée annonce que Dieu, en ce jour, ne fera pas éclater sa colère. Le texte de l’évangile de Matthieu nous donne une certaine idée de ce qui se passera en ce jour : un jugement !

 

Par ce discours de Jésus, tout nous parait clair et évident. On y voit les bons et les méchants. Ce qui peut nous plaire particulièrement, est que les méchants sont jugés et condamnés. Il ne viendrait certainement pas à notre esprit que nous soyons du mauvais côté. Par ce texte, nous pensons que nous pouvons savoir ce qu’il ne faut pas faire si nous voulons être accueillis par notre Sauveur dans son Royaume. Oui, tout parait simple !

 

Combien de fois dans l’histoire de la chrétienté de l’Orient et de l’Occident n’a-t-on pas utilisé ces paroles pour juger et condamner des hommes et des femmes. S’ils ne faisaient pas ce que le Seigneur dit, ils ne peuvent pas entrer dans le Royaume. Ils ne peuvent pas partager avec les bons ce paradis et le bonheur éternel. Cela serait trop injuste pour ceux qui pourraient se déclarer bons devant Dieu parce qu’ils auraient fait ce qu’il a commandé.

Je vous dirai qu’il est tout à fait normal et juste de penser ainsi si telle était la volonté du Seigneur. Loin de moi l’idée de douter de la volonté de notre Dieu ! Oui, il nous invite à écouter ses commandements, son enseignement et à suivre ses chemins d’amour, de paix et de réconciliation.

 

Seulement, nous pouvons, au moins, nous poser la question de savoir si ce texte de Matthieu parle de jugement au sens humain du terme : jugement qui sépare les bons des mauvais. Quand on écoute Dieu, par la bouche de son prophète Osée, nous entendons : « Je n’agirai pas selon mon ardente colère, je renonce à détruire Ephraïm ; car je suis Dieu, et non pas un homme ». Ainsi Dieu, lui-même, déclare qu’il n’agit pas comme un homme, qu’il ne juge pas ni ne condamne comme le font les hommes. « Tu es méchant, je te mets à l’écart ». « Tu agis mal, je te punis ».  Vous savez tous l’importance de telles paroles. Notre Seigneur poursuit son œuvre et, par la bouche de son apôtre Paul, cette fois-ci, il nous dit : « Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous… afin que nous vivions ensemble avec lui ».

 

C’est à cause de telles paroles que nous sommes en droit de nous demander si ce texte de l’évangile de Matthieu que nos éditeurs de la Bible ont titré : « Jugement des nations », concerne bien un jugement au sens humain du terme.

 

Car, en fait, que dit Jésus ? « J’ai eu faim ; j’ai eu soif ; j’étais en prison ; j’étais nu, malade et vous avez fait quelque chose pour moi » ou « vous n’avez rien fait pour moi ». Comme vous pouvez le lire toute cette partie est largement développée alors que ce qui nous parait être la sentence ne fait qu’une phrase : « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle ».

Est-ce bien cette unique phrase qui est le plus important dans cette parole du Christ ?

Et d’abord qui sont les justes ?

Il est trop facile de dénoncer les autres. Les justes, c’est nous ! Les mauvais, ce sont les autres ! Il est si facile de voir ce qui ne va pas chez les autres. Tu ne fais pas ceci ou tu as mal fait ou tu aurais pu mieux faire ou tu as oublié de faire ceci ou cela !

Ne serait-ce pas une simple façon de ne pas prendre sa propre responsabilité ? Et puis, ne serait-ce pas une manière de dire que ce sont nos actions bonnes qui nous permettraient de recevoir le salut et d’entrer dans le Royaume de Dieu ? Autrement dit, ce serait par nos œuvres que nous serions sauvés. Mais alors que faire de la parole de Dieu qui affirme que nous sommes sauvés non par les œuvres mais par la grâce et l’amour de notre Dieu ? Le Fils contredirait-il le Père ? Dieu se contredirait-il lui-même ? S’il peut arriver aux hommes de se contredire, il me semble difficile de penser cela de notre Dieu. Mais, en effet, je peux me tromper et reconnaître alors que Dieu pourrait dire tout et son contraire. Seulement, en lisant sa Parole, je n’y parviens pas. Ce qu’il dit par la bouche du prophète Osée ou de l’apôtre Paul, m’oblige à remettre en question mon impression à son égard et la façon de lire, d’écouter sa Parole.

 

Alors que nous dit Jésus dans l’évangile de Matthieu ?

Il nous apprend d’abord qu’il est chacun de nous : pauvre, malade, affamé ou assoiffé. Il nous apprend qu’en chaque homme, c’est lui que nous pouvons voir, entendre, écouter et soutenir. Il nous invite à être attentifs aux une et aux autres. Il nous permet de comprendre combien nous sommes unis les uns aux autres par lui et en lui.

 

Ne pas être attentif à mon frère ou à ma sœur, c’est ne pas être attentif à moi-même. En mon frère, ma sœur et moi-même est présent le Christ. Il y a là une fraternité puissante qui va bien au-delà de la fraternité de sang. Par cette fraternité, nous apprenons que nous ne pouvons pas vivre seuls, à l’écart des autres, de tous les autres. Nous apprenons qu’en jugeant l’autre, nous nous jugeons nous-mêmes et qu’alors nous nous mettons, nous-mêmes, à l’écart  de nos frères et de nos sœurs. L’enfer, si enfer il y a, ne se situe-t-il pas justement dans l’incapacité que nous aurions à vivre avec les autres ? Oui, ne vivons-nous pas un enfer quand nous ne parvenons pas, ou plus, à communiquer et à partager avec ceux qui nous entourent ?

Ce n’est pas Dieu qui nous rejette puisqu’il a décidé d’être en chacun de nous. C’est nous qui le rejetons. Ce n’est pas lui qui nous met à l’écart, c’est nous qui nous écartons de lui, en ne vivant pas en communion avec les autres et, donc, avec lui. Ce n’est pas lui qui nous juge et nous condamne, c’est nous et nous seuls !

 

Jésus redit autrement une parole que son Père a déjà adressée à l’humanité : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! ». Il nous dit aujourd’hui : « Je te donne un frère, une sœur, une communauté. Ne choisis pas la solitude, le rejet, la mise à l’écart ! ».

 

Entendons bien, mes amis, que, s’il y a un jugement et une condamnation, cela vient de nous et non de notre Père. Car lui, notre Père, ne nous a pas « destinés à la colère mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus-Christ qui est mort pour nous… afin que nous vivions ensemble avec lui ».

 

Telle est sa volonté ! Et je vous le dis : il tiendra sa promesse. Bientôt, il vient pour que nous vivions avec lui. Il s’approche parce qu’il a décidé de devenir homme, comme chacun de nous, afin que nous vivions ensemble dans l’harmonie, la fraternité et la paix.

 

 

Amen !

DIMANCHE 15 NOVEMBRE 2020

25EME DIMANCHE DE L’EGLISE

MATTHIEU 25/14-30

Jean-Frédéric Patrzynski

 

 

 

 

« Je savais que tu es un homme dur »

 

Comme le Christ à la veille de sa Passion, il m’est possible de dire : « Mon âme est troublée ». Oui, je suis troublé à l’écoute de l’enseignement de mon Seigneur.

 

« Je savais que tu es un homme dur », dit le serviteur à son maitre qui lui avait confié un talent. Il a peur notre homme. Il connaît son maitre. Il sait qu’il est sévère et il sait également que son maitre « moissonne là où il n’a pas semé ». En terme clair, il vient de lui dire que c’est un voleur, un opportuniste, un profiteur. Bref, en ces quelques mots, il ose dire à son maitre quelques vérités.

 

« Je savais que tu es un homme dur »

 

Pouvons-nous blâmer ce serviteur ? Oh bien sûr, de tout temps, nous avons reconnu les bons serviteurs qui avaient fait fructifier l’argent confié par le maitre. De tout temps, nous avons condamné avec, peut-être, un peu trop de facilité ce « mauvais serviteur » qui a rendu seulement l’argent confié.

Mais nous pouvons supposer qu’à cause de l’idée que se faisait le serviteur au sujet du maitre, il pouvait craindre logiquement pour sa vie s’il avait perdu l’agent confié. Il n’est pas dit, et nous pouvons le regretter, ce qu’aurait fait le maitre si le serviteur avait fait un mauvais placement financier. Vous savez : comme ceux qui achètent des actions de certaines entreprises et qui perdent ainsi tout l’argent placé. Il serait possible alors de dire qu’il n’a pas assez réfléchi, peser le pour et le contre. Mais qui pouvait savoir que telles ou telles actions baisseraient à la bourse avant qu’elles ne baissent ?

Et c’est ainsi que le serviteur qui sait ce danger et qui a peur de son maitre ne fait rien. Si ce n’est qu’il a gardé précieusement ce qui lui avait été confié.

 

« Je savais que tu es un homme dur »

 

Peut-on faire le reproche à quelqu’un de garder un trésor tel qu’il est ?

Peut-on faire le reproche à un gardien de troupeau de le garder et de faire en sorte de ne pas perdre une seule bête ?

Non, nous serons tous d’accord pour affirmer qu’il a bien fait son travail. Nous affirmerons tous d’un même cœur que cet individu n’a fait aucun mal. Et nous trouverions injuste la punition que son maitre pourrait lui infliger.

 

« Je savais que tu es un homme dur »

 

Et le maitre confirme cette idée car il éloigne de lui ce serviteur qui n’a fait aucun mal. Oui, le serviteur avait raison. Le maitre est un homme dur. Nous le savons et il n’est pas besoin d’être grand théologien pour comprendre que le maitre dont parle le Christ dans sa parabole n’est autre que son Père, notre Père. Dieu, notre Dieu, ne semble pas aussi doux et miséricordieux que nous pouvions le croire. Oui, parfois, sa main se fait lourde. Le psalmiste le dit ; Job l’affirme et le Christ, notre Seigneur, le dira aussi quand il sera élevé en criant son désespoir d’avoir été abandonné par son Dieu. Oui, notre Seigneur est dur. Il nous demande beaucoup et, parfois, la crainte de mal faire nous empêche d’aller là où il veut que nous allions.

 

« Je savais que tu es un homme dur »

 

Seulement, nous savons aussi que notre Seigneur sait ce dont nous sommes capables. Il sait également que nous pouvons faire plus d’efforts que nous n’en faisons.

Le reproche qu’il fait au serviteur n’est pas tant de ne pas avoir fait fructifier son argent que de n’avoir rien fait.

Garder le trésor, c’est bien mais le cacher et ne pas en faire profiter les autres, c’est mal !

Garder le troupeau, c’est bien mais ne pas permettre qu’il y ait de nouvelles naissances pour que le troupeau s’agrandisse, c’est mal !

Garder la théologie pure et sainte, c’est bien mais s’emprisonner dans cette théologie pour en faire un dogmatisme aliénant, c’est mal !

Garder les traditions, c’est bien mais empêcher toute évolution à cause d’elles, c’est mal !

Garder la foi, c’est bien mais la déposer dans un coffre afin de ne pas la partager, c’est mal !

 

Ce que le maitre reproche à son serviteur est sa tiédeur. N’est-ce pas ce que l’ange dit à l’église de Laodicée dans le livre de l’Apocalypse ? « Je sais que tu n’es ni froid, ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bouche ».

 

Amis, c’est ce reproche que nous pouvons recevoir de notre Seigneur. Chacun de nous ! Car par nos craintes et nos angoisses du lendemain, nous pouvons être conduits dans les méandres de la tiédeur. Portés à garder ce que nous avons reçu sans savoir le partager. Le reproche qui nous est fait est de manquer parfois de courage, de ne pas assez oser le partage plein et entier.

 

C’est cela que nous montrera notre Père au soir du Vendredi Saint. Par la mort, par le don de son corps et de son sang, le Christ viendra nous dire : « Allez, soyez courageux, osez risquer votre pouvoir, votre avoir, votre situation. Ayez le courage du partage de partage de la vie, de la foi, de l’amour. Soyez bouillant ou froid mais cessez d’être tièdes ! ».

 

Oui, c’est vrai, mes amis, notre Seigneur, notre maitre, est quelqu’un de dur et le serviteur a raison de le dire. Il oublie seulement de rajouter que son maitre est juste ! Encore faudrait-il comprendre la justice de notre Dieu ? Mais cela est une autre histoire. Notre Dieu nous demande d’avoir du courage et de ne pas être tiède parce que lui a ce courage. En Jésus, vrai homme, il vient pour nous offrir ce courage qui nous manque, alors osons à notre tour partager ce que Dieu nous a offert : sa vie, sa paix et son amour, entre nous mais aussi avec tous les autres qui n’ont pas la même culture, la même tradition. Et n’oublions pas ! Notre Seigneur moissonne où il n’a pas semé !

 

Amen !

DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2020

24EME DIMANCHE DE L’EGLISE

MATTHIEU 25/1-13

(Jean Frédéric Patrzynski)

 

 

Que se passe-t-il ? Notre Seigneur, par la bouche de son prophète Sophonie, vient nous troubler en annonçant des désastres prochains : « jour de fureur, de ravage et de destruction, de détresse et d’angoisse » (Sophonie 1/14-16). Ce jour est le « jour du Seigneur ». Le prophète l’annonce et Jésus, dans sa parabole, nous invite à veiller car nous ne savons ni le jour, ni l’heure de la révélation de ce jour.

Le Christ nous interpelle. C’est donc qu’il est possible que se réalise un prochain bouleversement. Mais est-ce bien une annonce ? Est-ce la première fois que nous entendons cela dans la bouche du Christ ?

 

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».

 

Au fait, à quoi devons-nous veiller ? Devons-nous veiller sur quelque chose de particulier ? Jésus nous demande d’être vigilants. A l’écoute du prophète Sophonie et de la parabole des dix vierges, nous pouvons comprendre que nous devons être vigilants au retour prochain du Seigneur.

 

« Veillez, car le Seigneur vient ! ». « Veillez, car le Seigneur est déjà là ! ».

 

Mais nous devons le reconnaître ; nous ne savons plus très bien ce que cela peut signifier pour notre vie quotidienne. Nous sommes tellement « plongés » dans le monde que nous ne savons plus regarder, entendre, écouter et critiquer ce monde dans lequel nous vivons. C’est peut-être à cause de cela que nous ne parvenons plus à être pleinement vigilants.

 

Etre vigilant signifie que nous sommes appelés à devenir des gardiens, tout comme le soldat qui mont la garde et doit rester vigilant. Il lui est impossible de s’endormir sinon son manque de vigilance pourrait avoir de trop importantes conséquences pour lui mais aussi pour ce qu’il garde.

Si le Christ nous interpelle ainsi, c’est que nous devons garder quelque chose. Alors posons-nous cette question : que gardons-nous ? De quoi notre Seigneur nous a-t-il fait les gardiens ?

 

Nous pourrions répondre immédiatement : nous gardons son Eglise. Mais la gardons-nous vraiment ? Sommes-nous vigilants à ce qu’elle vit ? Dans l’Eglise, être vigilant, c’est être attentif à la façon dont la communauté témoigne de l’Evangile. C’est être attentif à ce qu’aucun des membres de l’Eglise ne soit pris dans les engrenages du mal. C’est faire qu’aucune parole ne puisse venir du diable afin de provoquer le désordre et la discorde. Etre vigilant, c’est aussi porter notre attention à ceux qui passent un jour, dans l’église, pour écouter l’Evangile. C’est aussi faire que nos actes soient liés à la Parole de Dieu, parole de paix, d’amour et de réconciliation. Serait-ce uniquement de la responsabilité d’un pasteur ou d’un prêtre ? Si nous répondons oui, nous mettons à l’écart de la communauté ce pasteur ou ce prêtre. Bien sûr, cela est tout à fait possible si notre façon de penser l’Eglise conduit à la séparation des fidèles et du pasteur. Mais est-ce cela que le Christ déclare ? L’appel à veiller ne s’adresse-t-il qu’à certains ? C’est à chacun de nous, selon ses capacités, les dons qu’il a reçu de Dieu, le temps qu’il peut offrir à Dieu, que Jésus déclare :

 

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure ».

 

Ainsi, nous sommes tous appelés à veiller que l’Eglise ne perde pas la vérité et que sa parole soit sûre et certaine. Tous, nous devons veiller que sa parole soit une parole vraie dans un temps qui fait la part belle à la démagogie et à l’hypocrisie. Aussi, Jésus nous invite à porter cette Parole, sa Parole, dans l’Eglise et dans le monde.

 

Posons-nous une deuxième question : Dieu nous a-t-il fait responsables, et donc vigilants, uniquement de son Eglise ? Ne nous a-t-il pas demandé de garder sa création ?

Oui, nous sommes également les gardiens de la création de notre Dieu. Et si nous en sommes les gardiens, cela signifie que nous devons être vigilants quant à la vie de ce monde. Nous ne pouvons pas nous en désintéresser. C’est dans ce monde, et pas seulement dans l’Eglise, que notre parole doit être vraie. Dans ce monde, Dieu nous appelle à combattre tout ce qui peut provoquer la discorde et le désordre. Dans le monde, discorde et désordre sont des mots que l’on peut traduire par haine, racisme, torture, exploitation, esclavage et j’en passe…

Nous voici donc les gardiens des actes et des paroles humaines. Nous ne pouvons pas dire comme Caïn : « suis-je le responsable de mon frère ? ». Notre Seigneur nous invite à être attentifs à toutes les détresses et à tout ce qui peut ls provoquer. Ce n’est pas en fermant un centre de réfugiés ou en expulsant tel ou tel immigré que les problèmes seront résolus. On n’aura fait que les déplacer et si nous sommes gardiens et vigilants, c’est  à la racine du mal que nous devons nous attaquer et pas seulement à ses conséquences. N’allons pas croire que cela ne nous concerne par car le Christ, le Fils de Dieu, est venu dans ce monde. C’est dans ce monde qu’il a porté sa Parole et c’est dans ce monde qu’il reviendra pour établir le Royaume de son Père.

 

C’est ici qu’apparaît le troisième aspect de la vigilance. Dieu a promis qu’il reviendrait. Il tiendra sa promesse comme il l’a toujours fait. Mais nous ne savons ni le jour, ni l’heure. Son retour ne sera pas annoncé dans les journaux, à la radio ni même à la télévision ou dans les réseaux sociaux. Il n’avait pas prévenu les hommes de sa venue. Il ne nous préviendra pas tel que nous pouvons l’imaginer. Il n’avait pas, non plus, prévenu qu’il viendrait pour mourir sur la croix afin de sauver l’humanité, en offrant son corps et son sang pour que chacun vive.

 

Ainsi donc, nous devons être vigilants pour attendre le retour de notre Seigneur. Nous devons nous préparer comme il nous le dit dans la parabole. Alors, serons-nous sages ou fous ? Aurons-nous, avons-nous, assez de réserves pour l’attendre ?

Mais je me pose une question qui me parait plus grave : accepterons-nous son retour ? Reconnaitrons-nous que c’est lui, notre Seigneur, qui revient ? Sommes-nous, dès maintenant, prêts à le suivre ou refusons-nous d’être bousculés et bouleversés au plus profond de nous-mêmes ? Car autant sa venue a bouleversé le monde dans lequel il est né, autant il bouleversera notre monde. Il n’y a pas de raisons pour que cela soit différent.

 

Comme nous ne savons ni le jour, ni l’heure, il nous est possible de penser qu’il pourrait revenir demain, aujourd’hui, à Noël prochain. Que ferons-nous alors ? Si l’on y réfléchit et que l’on est honnête avec soi-même, nous pouvons affirmer qu’il n’est pas du tout certain que nous marcherons avec lui. Notre situation serait-elle désespérée ? Non, car ce serait oublié l’amour de Dieu pour chacun de nous. Il nous fera savoir si c’est vraiment lui qui vient.

 

En attendant, gardons les yeux et nous oreilles ouvertes. Ecoutons et entendons sa Parole. Sachons être attentifs. C’est aujourd’hui qu’il nous parle. C’est dès maintenant qu’il s’approche de nous. Soyons vigilants et prêts à le recevoir et à le suivre quand il nous appellera.

 

Amen !

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